Pulcinella ou la problématique de la référence au passé



Dans les premières années qui suivent la Grande Guerre, Stravinski est en pleine rupture avec son écriture avant-gardiste précédente. Le compositeur du Sacre du printemps décide d’adopter le style néo-classique très en vogue dès le début des années 1920. Cette référence aux musiques du passé va devenir pour lui un fil conducteur pour de nombreuses compositions, jusqu’aux années 1940.
Avec Pulcinella, l’auteur revisite quelques œuvres de compositeurs d’époque baroque, principalement celles de Pergolese.
Le titre se réfère au célèbre Polichinelle de la Commedia d’ell arte.
Ici, la redoutable mécanique rythmique stravinskienne laisse la place à des rythmes plus légers, d’un caractère précieux et humoristique, évoquant ce personnage des farces napolitaines. Le charme et l’élégance des lignes mélodiques teintées de classicisme font oublier la couleur typiquement russe des mélodies populaires que l’auteur introduisait dans ses compositions d’avant-guerre.
Du ballet originel de 1919, commandé par Diaghilev pour ses Ballets Russes, et comprenant exceptionnellement trois chanteurs, Stravinsky tirera en 1922 une suite, uniquement instrumentale. C’est la version qui sera interprétée par l’orchestre de Montpellier… et celle que présentera Jean-jacques Di Tucci.